Jean Bernard Quicheron

Voilà 60 ans que l’idée européenne a germé et pris une forme nouvelle qui finalement a débouchésur une Union européenne composée de 28 Etats. Il est étrange de constater que ce bel anniversaire a été entaché par le vote populaire et populiste d’un peuple qui a eu du mal à accepter son rôle moins grandiose que naguère et qui a cru qu’il allait pouvoir retrouver sa liberté et agir comme il l’entend, donc pour ses propres intérêts.

Pourtant depuis 60 ans, cette Europe a vu se rallier à elle pas moins de 21 pays non fondateurs.

Cette belle idée et aventure a démarré par la signature du Traité de Rome le 25 mars 1957 par 6 pays fondateurs, qui sont toujours au gouvernail (Communauté économique européenne et Communauté européenne de l'énergie atomique).

C’est au Capitole à Rome le 25 mars 2017 que les 27 chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ont signé officiellement une déclaration finale dans laquelle ils tentent de réaffirmer la force du projet européen. C’est à 27 et non 28 qu’ils ont paraphé, sous les applaudissements, une Déclaration finale qui prône une Europe plus que jamais « Une et indivisible ».

Nous, les Anciens, ferons tout notre possible pour que la jeunesse européenne relance l’Union et que la déclaration de Rome du 25 mars 2017 soit mise en oeuvre dans le respect du préambule du plus récent traité de Lisbonne qu’il est toujours utile de rappeler, notamment aux 28 États Membres qui l’ont signé. Mais l’histoire a parfois la mémoire courte.

Ce préambule réitérait toutes les idées pour lesquelles nous nous sommes battus pendant nos différentes carrières :

  • promouvoir les principes de la liberté́, de la démocratie et du respect des droits de l’hommeet des libertés fondamentales et de l’Etat de droit,
  • approfondir la solidarité́ entre nos peuples dans le respect de leur histoire, de leur culture etde leurs traditions,
  • continuer à lutter pour l’intégration européenne,
  • promouvoir le progrès économique et social de nos peuples, s’agissant du développementdurable et l’achèvement du marché intérieur,
  • mettre en oeuvre une politique étrangère et de sécurité commune,
  • poursuivre le processus créant une union sans cesse plus étroite entre les peuples del’Europe, dans laquelle les décisions sont prises le plus près possible des citoyens, conformément auprincipe de subsidiarité́.

Oui, tous les fonctionnaires européens actifs et retraités continuent à aspirer à la réalisation d’une oeuvre unique dans l’histoire, unir des peuples sans guerre et grâce à un consensus et les inciter à coopérer constamment.

La photo de famille des dirigeants européens au Capitole de Rome le 25 mars 2017 AFP